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LE MONDE EN COURANT

LE MONDE EN COURANT

Des distances hors normes! Des efforts qui peuvent paraître surhumains. Pourtant courir s'apprivoise dans la tête comme dans les jambes................ SI LE PLAISIR FINALEMENT ÉTAIT AU BOUT DE LA ROUTE! .

Publié le par LE MONDE EN COURANT
Publié dans : #2013

Vendredi 06 décembre 2013, nous sommes à Le Pontet (Vaucluse), Une poignée de coureurs massés devant la ligne attendent le départ. Le compte à rebours est lancé. Face à nous, un compteur, nos yeux le croisent et nous n'osons imaginer tout ce que cet appareil va engendrer comme calculs dans nos têtes.

18 heures, le départ est donné et l'arrivée sera exactement au même endroit dans.... 24 heures ....

Il faut tout de suite se mettre en mode position lente. car l'Ultra est une école de patience, ce qui n'est pas toujours vrai au quotidien, à l'entrainement, est vrai sur 100 km et c' est on ne peut plus vrai sur 24 heures, Nous nous imposons de s'économiser, de voir à long terme, d'être patient, un bonheur absolu qui nous envahit, comme si le temps s'arrêtait, comme si une liberté infinie nous plongeait dans l'ivresse d'un rêve d'enfant capable de voler.

22 Heures, Quatre heures de course nos organismes commencent à se réveiller et la majorité des concurrents approchent les 30 km.

Samedi 07 décembre 2013, 00h00, sixième heure et se dire que ça peut continuer comme cela toute la vie...

02H00, huit heures de course, 60 ... 70 km sont Enregistrés sur le compteur, nous croisons des hommes et des femmes qui commencent à grimacer, à ressentir quelques douleurs. Il faut reconnaître que madame météo n'est pas une bonne alliée. Il fait froid, certes, nous sommes en hiver, mais le mistral souffle très violemment, avec des pointes allant de 90 à 100 km / heure, projetant même au sol certains concurrents, Le moral est au beau fixe et il faut absolument emmagasiner les Kilomètres.

06h00, 12 heures de course se sont écoulées, certains des compétiteurs ont lâché prise et notre ami le compteur affiche 70, voir même 100 km, nous attendons avec impatience que le soleil se lève, avec la chaleur des premiers rayons c'est un peu une nouvelle vie qui commence.

Les stratégies de marche volent un peu en éclat, et quelques inquiétudes viennent brouiller nos esprits. Il faut impérativement continuer à s'alimenter, même si nous n'avons plus trop envie de quoi que ce soit, certains concurrents se posent quelques minutes, pour se faire masser, Il est vrai, que à ce stade de la course, les douleurs commencent naturellement à pointé doucement.

08H00, quatorze heures après le départ, le sentiment que les heures ne s'égrènent pas vite, et ça gamberge dans nos têtes d'Ultra marathoniens. Certains ne courent plus, il marchent, d'autres échangent des conversations avec leurs voisins de course. Nous entrons dans une période, vraiment difficile à gérer psychologiquement et physiquement, nos corps commencent a être l'objet de certaines souffrances, douleurs dans les jambes, dans Les fessiers, La répétition des mêmes gestes, du même parcours occasionne un déséquilibre dans la position, et les tendons, les ligaments souffrent, la température est assez basse, et le mistral souffle mois violemment.

Nous sommes dans un état ​​de fatigue tel, que nous ne l'Imaginons pas, nos corps tout entiers réclament l'arrêt total, mais nous sommes entre les mains de ce "ce subtil mélange de joie et de souffrance" qui nous donne le gout du dépassement de soi . Et ce n'est plus qu'une question de quelques heures

20heures de course, le compteur s'affole, 50 kilomètres pour cette charmante Dame âgée de 67 ans, qui depuis 20 heures, marche, marche et marche encore, puis une autre concurrente affiche 110 km ... un autre à 93 km. .. .. 120 km ...175 km ...42 km ...

21heures ... 22 Heures 23 Heures ... .. Nous entrons dans la dernière heure, les derniers kilomètres paraissent interminables, mais nos corps retrouvent de l'énergie, on se congratule entre coureurs " Félicitations, respects !! pour les 150 kilomètres que tu as avalé" ... Lui en a avalé 199 et il termine pour la beauté du geste, il va passer pour la dernière fois devant le compteur et celui-ci affichera 200 km

Samedi 07 décembre 2013, 18h00, Nous sommes revenu après 24 heures au départ tous le monde s'embrasse, se tape dans les mains, se félicite, rie, pleure (quand tu pleures de joie, ne sèches pas tes larmes, tu les voles à la douleur) 

Un monde à part, que ce Monde des ultra marathoniens, où l'on côtoie des femmes et des hommes qui sourient, qui grimacent, qui rient, qui pleurent, qui se déhanchent, qui boitillent, qui souffrent et qui  donnent tout qu'ils ont, jusqu'au plus profond d'eux mêmes. Un Monde attachant, captivant.

Bernard GENEAU, "j'ai de nouveau pénétré ce Monde avec son langage particulier, ses reconnaissances mutuelles, Ce rapport humain, où l'on se croise sans rien dire, en soupçonnant dans le regard scintillant de l'autre, les contrées parcourues et les émotions qu'il a emmagasiné, dépassant largement les douleurs qui pourtant, si souvent l'accompagnent. J'ai le bonheur après 24 heures de course d'afficher 149 Kilomètres sur le compteur "

Marie GENEAU, Engagée sur la Marathon, termine pour sa part son 20 ème marathonLe Monde en courant  Le Monde en courant  

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